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CARTES ANCIENNES

Ph. DUBEDOUT

[Sommaire DOAZIT] - [Table des articles de Ph. D.]
 

LE PLAN DE DOAZIT de 1619

Archives des Landes H 24 (87).

Origine :

On pense que ce plan a été dressé d'après l'acte de consignation générale de tous les tenanciers de la seigneurie d'Arimbés, du devoir qu'ils font au monastère des Bénédictins de St-Sever. Cet acte est daté du 4 novembre 1619 [A.d.L. H-35 (81)], d'où la date attribuée à ce plan. Mais on y trouve aussi des éléments, telles que les confrontations de la terre commune appelée Arimbés vieil, qui proviennent manifestement de l'acte de vente du 8 septembre 1328, ou de son vidimus du 24 avril 1462 [A.d.L. H-2 (9)].

Il est possible que ce plan, axé principalement sur la terre de Goesmes, ait été dessiné plus tardivement, à l'appui d'un des nombreux procés qui opposèrent les seigneurs d'Arimbés ou les Bénédictins de St-Sever, aux seigneurs de Doazit, au sujet des caveries d'Arimbés, Goesmes et Crunhon en général, et de la terre de Goesmes en particulier, et qui ne se termineront qu'en 1721. Ce n'est même qu'en 1733 que le monastère de St-Sever sera débouté de l'hommage d'une paire de gants bancs, que lui devaient les habitants de Doazit.

Ce plan de Doazit était l'un des éléments de l'exposition "L'encre du métayage", réalisée par Jacqueline Ursch, des Archives départementales des Landes en 1996, parce qu'il est un des plus anciens documents de la région sur lequel est employé le terme de "métairie". Mais s'agissait-il déjà de métairies avec le sens que nous lui connaissons aujourd'hui ? Le métayage, ou colonat partiaire, n'apparaît en Aquitaine, qu'au milieu du XVIe siècle. C'est à la toute fin du XVIe siècle, et surtout au XVIIe que le métayage se met en place et se développe dans le pays*1.

Trois maisons du plan sont précisées être des métairies : Goesmes, Manec et Lartigon.

L'original mesure 52 x 39 cm.
 

Affichage plan

 

Eléments du plan 

Commentaires

Levant, Midy, Couchant, Nord. Le plan est orienté avec le sud en haut.
Chateau de Doasit A cette époque, le château de Doazit n'avait qu'une vingtaine d'années.
L'Eglise du Mus,

St Jean Daulés

Cinquante ans après avoir été brûlées par les Huguenots, les églises du Mus et d'Aulès sont représentées en parfait état.
Le Bourg de Doasit On distingue la tour sur l'entrée est du bourg, une rangée de maisons identiques, la chapelle (avec le clocher à l'ouest), et la mote du Ram surmontée du moulin à vent.
Eglise de Montaut C'est en fait tout le bourg de Montaut qui est représenté. On y distingue, vue d'en haut, la rue bordée de chaque côté de maisons identiques, et fermée d'une porte à chaque extrémité. L'église est représentée sur le côté sud de la rue.
Eglise de Banos Elle est représentée avec une grande maison à l'ouest.
Le Puch Vaste demeure en forme de "U", avec une cour intérieure fermée. C'était une caverie en Montaut. Le nom actuel de cette maison a été déformé en "Puts".
Lalheugue Située à l'ouest du chemin, cette maison (en Doazit) est appelée "Grand Lailheugue", ou plus fréquemment "Jean Téulé".
Lalheugue Représentée à l'est de la précédente, cette maison (en Horsarrieu) se trouve en fait au sud-est. Elle est appelée "Petit Lailheugue". Une troisième maison, également en Horsarrieu, a pris le nom de "Grand Lailheugue", actuellement délaissé par sa voisine de Doazit.
Lagneré Maison encore existante au nord de Guilleoumes, alors que le plan la représente au sud. Elle a donc certainement été déplacée, comme d'autres (voir Larodé et Laubardé). Sur la carte restituée, nous l'avons placée à l'endroit que semble indiquer l'ancien plan.
Peyrigué Maison disparue. Le plan nous indique qu'elle se trouvait au sud-ouest de Guilhaumes.
Guilhaumes Maison encore existante.
Chaméu Maison encore existante.
Maison de Lasale Cette maison est représentée avec un pigeonnier. Ce devait donc être une maison importante, comme le laisse d'ailleurs supposer son nom de "Sale". Bien que son implantation ne corresponde pas exactement à ce que nous savons de sa situation, ne s'agirait-il pas du siège de la caverie d'Arimbés ? "consistant en une maison, vigne, jardin, verger d'environ quatre jornades qui confronte de levant à biens appelés du Sorbé, chemin public entre deux, de couchant à biens du Crabé,..." [A.d. L. H 35 (81)].
Gayole Maison disparue, située d'après le plan, au sud du Crabé.
Lalheugue Crabé La maison Crabé existe encore. Lalheugue : nom des occupants. La maison que la carte I.G.N. appelle "Crabé" est en réalité "Peyron" 
Sourbé Maison encore existante.
Au Roüet Maison encore existante : Aurouet.
Larodé Il existe encore une maison Laroudé, mais celle-ci se trouve à l'est du chemin, alors que le plan représente une maison à l'ouest du chemin.
Peiret Maison encore existante.
Poysegur Maison disparue. Mais elle semble se trouver à l'emplacement du "Petit Castéra". Le terrain au sud-ouest de cette maison a porté plus tard la maison appelée "Poysegur de Labarrère".
Castera Maison encore existante
(maison sans nom) Située au sud de Peiret, et à l'ouest du chemin, il s'agit certainement de Pessabaté.
La Broquere Maison encore existante
Les Gésitains Le plan représente un ensemble de trois maisons. Les Gésitains ou Chrestians, ou Cagots de Doazit, étaient cantonnés au quartier de Pinton, où existent encore les maisons de Pinton, et de "Malaussanne du Chrestian".
Lalane des Camps La maison "Aus Camps" existe encore. Lalane : nom des occupants.
Augerin Maison encore existante.
Mouchon Maison encore existante, "Petit Mouchon" (en Horsarrieu) au nord du chemin. Une autre maison (en Doazit) se trouve au sud du chemin : "Grand Mouchon".
Dupoy dit Laubardé L'actuelle maison de Laubardé ne peut pas être identifiée à celle portée sur le plan. Il semble que cette dernière se trouvait vers la maison aujourd'hui disparue de "Lahoun dous Camps".
Lafite dit Biroc Maison encore existante.
Lartigon Maison encore existante.
Vergès dit Guicharnaud Maison disparue, mais portée sur les anciens cadastres de Doazit, au sud de Biroc.
Dupoy dit Glavi La maison Glaby est mentionnée dans les registres de Doazit (29 octobre 1617), où elle est appelée aussi "Au Hilhoton de Pepoy". Elle deviendra ensuite "Lacoste de Pepoy", puis "Lacoste de Pilhon".
Dupoy Pilhon Maison encore existante. Dupoy : nom des occupants.
Orlus Poysegur Maison disparue. Un Guilhem-Arnaud de Forlux, jurat de Doazit, est cité en 1328 [A.d.L. H 2 (9)].
Lou Manec Maison encore existante.
Pelane Maison encore existante.
Mora Maison encore existante.
Garros Maison encore existante.
Filhucat Maison encore existante : Hilhoucat.
Garrias Maison disparue. Elle était située entre Lacasebielhe et Garros.
Filhucat dit Valen Maison encore existante : Balen. Filhucat : nom de famille des occupants.
Lafite dit Case Vielle Maison encore existante : Lacasebielhe.
(maison sans nom) Située à l'est de Garipau, il ne peut s'agir que de Péberger. La maison de Pintesséque n'existait pas à l'époque.
Dubroca C'est le nom de famille des occupants de la maison Perras, qui prirent bien plus tard le nom de Broca-Perras.
Garipau Maison encore existante.
Pelines Maison disparue, qui fut appelée aussi "au Marchand d'Aulès". Elle figure sur le cadastre de 1810, sous les noms déformés de "Martchas" ou "Martchand", au sud de Picuré.
Lafite Poutone Maison encore existante. Lafite : nom des occupants.
La Sale Nom de famille des occupants de la maison Pilhart.
Pédaulés Maison disparue. Une maison de ce nom figure dans les registres paroissiaux dès 1607, mais d'après le lieu des baptêmes de cette famille Dubroca-Payros en 1613, 1614, 1617, 1622,... célébrés dans la chapelle du bourg, elle doit résider dans la maison "Pédaulès" que nous connaissons au bourg de Doazit.
Lalheugue Probablement nom de famille des occupants d'une maison disparue.
Peirous Maison encore existante.
(maison sans nom) D'après son emplacement, ce ne peut être que la maison de Lestage.
Métairie de Goesmes Maison encore existante. Il semble que (des droits lui ayant été reconnus sur cette métairie), le seigneur de Doazit ait tenté de créér une confusion dans un procès, en voulant assimiler la métairie de Goesmes à la terre de Goesmes qui faisait l'objet du procès.
(maison sans nom) Située à l'ouest de Lestage, ce pourrait être la maison du "Duc".
Terres du Peyrigué Situées, d'après le plan, entre la maison Aurouet, et le ruisseau de Malabat.
Ruisseau de Malabat Malabat : mala vath = mauvaise vallée. Porté sur le plan cadastral de Doazit sous le nom de "ruisseau de Jean-Téoulé", parce qu'une de ses branches prend sa source près de cette maison. Sur le plan cadastral de Horsarrieu, il est appelé "ruisseau du Tresqués". Dans son cours inférieur, il a subi plusieurs modifications de tracé.
Terres du Perauhe (?) Nom difficile à lire sur le plan.
Ruisseau d'Arrimbés Appelé actuellement "ruisseau de Couloumat", ou "ruisseau du Rey".
Arimbés vieil alias lou Bosquet d'Horsarieu Ce terrain fut vendu [A.d.L. H-2(9)] en 1328 par En Guitard seigneur d'Arimblés, aux jurats du lieu de Doazit et de Horsarrieu. Les confronts cités dans l'acte de vente sont reportés sur le plan de 1619, ce qui montre que ce plan a été dressé en rapport avec la situation de ce terrain dépendant de la juridiction d'Arimblés et de la paroisse de St-Martin d'Aoeilhe Morte (terres de Arnaud Lane de Doazit, terre de la Broquère et du Peyrigué, ruisseau d'Arimbés, ruisseau de Malebat, chemin public). Dans l'acte de vente, les jurats s'engagent à ne peupler la dite terre en nul temps et à jamais. Ceci explique qu'on ne trouve aucune maison dans ce terrain (Les maisons de Larrue et la Cautère, aujourd'hui disparues, étaient postérieures à la Révolution).
Chemin d'Audignon à Doasit Ce chemin, en partant de l'entrée est du bourg de Doazit, emprunte la côte de Laborde-Mariote (actuelle Voie communale no2), puis la voie communale no5 dite "du bourg à Horsarrieu", puis le chemin d'exploitation no3, qui rejoint le chemin départemental no78, dit "d'Hagetmau à Audignon".
Terres d'Arnaud Lannes Le plan les situe entre la confluence des ruisseaux de Malabat et d'Arimbés, et le chemin d'Audignon à Doazit.
Le Tresqué Comme le Muscardein, le Tresqué était un padoen de la caverie d'Arimbés [Doazit ; Joseph Ferré, p.29].

Sur le plan, le Tresqué est limité à l'ouest par un trait simple, qui doit figurer le ruisseau de la Lanibasse, prolongé en suivant le ruisseau du Petit-Sannes. Au nord-ouest, un double trait peut figurer soit un chemin qui passe au sud de Mora, soit le ruisseau de la fontaine de Labache.

Crunhon Nom de la caverie située en Audignon, qui avec Arimbés et Goesmes, formait la seigneurie d'Arimbés.
Grand chemin Chemin qui depuis Manec, traverse le Tresqué en direction de Horsarrieu. Sur le plan cadastral, il est appelé "chemin rural de Manec à Hagetmau". Il joint la voie communale no3 (au nord), à la voie communale no5 (au sud).
Le Muscardein Padoüen Zone, par définition vide d'habitations, s'étendant, d'après le plan, du nord-est de Garipau jusque aux limites de l'actuelle commune de Horsarrieu, sur le versant nord du ruisseau d'Arnauton. Le padoen est tout objet quelconque, chemin, eau, pacage, fôret, ... dont chacun pouvait user librement, sans payer aucun droit.
Goesmes Le but principal du plan de 1619 semble avoir été de localiser avec précision la "terre de Goesmes", qui, au dire des habitants les plus anciens est un tennement de grande étendue et contient une partie considérable de la paroisse de Doazit. Il ressort donc de ce plan, que Goesmes était limité par la Goaugue prolongée de la Lanibasse, le Tresqué, les maisons de Biroc et Lartigon incluses, le Muscardein, puis par le ruisseau de la fontaine de Lauga, suivi jusqu'à la Goaugue.
Prairie du S(eigneu)r de Doasit Le seigneur de Doazit était propriétaire de cette prairie, ce qui n'empêche pas qu'elle ait pu dépendre d'une autre juridiction que la sienne.
Gouaugue Vers l'amont, ce n'est plus la Goaugue qui est représentée, mais les ruisseaux des fontaines du Mus et de Candale.
Prairie de Garipau dite de Prous(?) Le plan représente cette pièce de terre en bordure de la Goaugue (dont le cours a pu être déplacé), mais le plan cadastral de 1810 porte une parcelle sous le numéro 153 de la section A, appelée "Ribre de Galipaut", c'est à dire arribère (ou prairie) de Garipau.
   
A - Prairie de Garipau adjugée par la sen(ten)ce arbitrale Prairie de Garipau dite de Prous(?).
B - Métairie reconnue devant Justes Métairie de Goesmes.
C - Prairie qui est dans la liève de 1525 Prairie du Seigneur de Doazit.
D - Pièce qui est dans la liève de 152(5 ?) Située à l'ouest de l'église d'Aulès, débordant au nord et au sud du chemin.
E - Pièce qui est aussi dans la liève de 1525 Cimetière de l'église d'Aulès, ou pièce à l'est du cimetière.
F - Biens de Filhucat  
G - Pièce reconnüe en 1565 Située entre Hilhoucat et Mora, de part et d'autre du chemin.
H - Métairie dans la liève de 1525 Manec.
J - Pièce reconnüe (en) 1565 Orlus Poysegur
K - Tenement (?) qui est dans la liève de 1525 et reconnu en 1565 depuis le Muscardin jusques au Tresqué Zone joignant le Tresqué au Muscardein, à l'est du "Grand Chemin", et incluant les maisons de Pilhon et de Lacoste Pilhon.
L - Métairie reconnüe en 1565 et est dans la liève de 1525 Lartigon.
M - Pièce reconnue en 1565 Pièce isolée au sud de Biroc ; peut-être Barbeyat.
N - et les autres après reconnües en divers tems. Biroc.

 
 

Restitution des éléments du plan de 1619, sur fond de carte I.G.N.

 


LA CARTE DU DIOCESE D'AIRE (1653)

Il en existe plusieurs éditions du même auteur :

- L'evesché d'Aire tracé par le Sieur Pierre de Val, secrétaire de Monseigneur l'évesque (Gilles Boutault).

- Diocèse d'Aire en Gascogne par P. du Val d'Abbeville, géographe du Roy à Paris, chez Pierre Mariette, rue S. Iacques à L'Esperance avec privilège, 1653.

Certaines cartes ne sont pas datées, mais les relevés ont dû être réalisés avant 1649, puisque à cette date, P. Du Val quitte le diocèse d'Aire pour celui d'Evreux.

Les cartes différent surtout par les fautes, corrigées (ou ajoutées) aux noms de lieux : Andinhon, Horsarcon, Nebris, mis pour Audinhon Horsariou, Nerbis.

 
 

Affichage Carte

 

Sur cette carte, sont dessinés les cours d'eau, avec de rares ponts (sur la Gouaugue entre Poyaler et Mugron ; sur le Gabas entre Dumes et Eÿheires (Eyres). Douazit est situé entre le Louts (Louz), et le Gabas. Le cours de la Gouaugue s'arrête entre Mailies et Brocar. Sont encore représentés : Le ruisseau de Gauchard, qui prend sa source près du Chateau de Douazit pour rejoindre le Louts ; L'arrezenon, qui sépare Douazit de Serreslous ; Le Laudon, dessiné depuis le Gabas jusqu'à Audignon, est prolongé par le ruisseau de Lagarosse, puis le ruisseau de Laborde-Larriou, avec son affluent le ruisseau de Lespitaou (L'Hospital). Le petit cours d'eau représenté entre le ruisseau de Gauchard et l'Arrezenon, n'existe pas. De même, celui qui rejoint le Gabas entre Arset et Banos est bien loin d'avoir la longueur et l'importance qui lui sont données ici.

Les reliefs ne correspondent pas toujours à la réalité : La vallée théorique de la Gouaugue est obstruée de "montagnes". Aucun relief ne figure sous le bourg de Horsariou. L'église Saint-Blaise, ou Saint-Martin du bas, démolie en 1871, est représentée à l'est du ruisseau de l'Hospital, alors qu'elle se situait à l'ouest.

Les noms de lieux sont accompagnés de petits symboles qui les classent en plusieurs catégories :

- Les bourgs (pagi) : Douazit, Horsariou,...

- Les Paroisses (parochiae) : Mus, Aulez, Arset, Audinhon, Banos, Brocar, Dumes, Horsariou, S. Girons, Serreslous, S. Criq, Larbei, ...

- Les châteaux (castella) : Chau de Douazit, Varene (Audignon), Banos, Dumes, Poyaler, Termes (Larbey), ...

- Les maisons nobles (domus nobilium) : Cohin (St-Sever), Estignos (Aurice).

- Les villes (civitates) : Hagetmau, Montault, Brassempouy.

- Les abbayes : S. Girons, S. Sever, Pontault.

 
 

Implantation réelle des éléments portés sur la carte de Pierre du Val.

 


LA CARTE DE CASSINI (1750-1789)

 
 

Affichage Carte

 

Cette carte a été dressée pour toute la France, de 1750 à 1789, par César-François Cassini de Thury (1714-1784) et terminée par son fils Jacques-Dominique Cassini (1748-1845). L'original est à l'échelle de 1 ligne pour 100 toises, soit au 1/86 400 ( : 1 cm = 864 m.).

Comme sur la carte de P. Du Val, mais à plus grande échelle et avec plus d'exactitude, sont représentés les reliefs et cours d'eau, les églises, bourgs, châteaux, maisons nobles. Nous y trouvons en plus, les routes principales, les moulins, et des maisons avec ou sans nom, qui ont dû servir comme repères de triangulation.

 

Sur le territoire actuel de la commune de Doazit, sont représentés :

- les églises d'Aulés, de Doazin, le Mus , ces deux dernières étant succ(ursales).

- le Ch(âte)au de Doazin.

- le M(ouli)n de Gouaugue, les deux M(ouli)ns de Camés, et le moulin Neuf.

- le Q(uar)ier de Mus, la Coste d'Aulés.

- les maisons de Pilhon, Daugerin, Poudat, et les Prades. Plus d'autres maisons sans nom, parmi lesquelles nous ne pouvons identifier avec certitude que Barbeyat, et Maymi (sur la limite avec Montaut).

- les routes de St Cricq à Audignon, de St Girons à Maylis, de St Aubin à Aulés, et de Montaut à Aulés.

- les ruisseaux de la Gouaugue, la Rezenon , et divers affluents sans nom.

 

Tous les éléments figurés sont faciles à situer, à l'exception de la maison appelée "les Prades". On trouve dans les registres paroissiaux de Doazit une maison appelée "au conte de Lesprades", entre 1747 et 1761. Il s'agit de la maison "du Guerre", dont le nom (a Guere) apparait une fois en 1742, puis réapparait en 1774 pour lui rester définitivement. Cette maison a aussi été appelée "au Conte" (1724), "au Conte de la Mure" (1726, 1737), "au Conte de Lesplantes" ou "au Conte de Lasplantes" (1728, 1765, 1768), "au Compte" (1754), "à Lesplantes" (1731, 1742).

La maison appelée les Prades, pourrait représenter la maison du "Guerre", au détail près que cette dernière se trouve en réalité à l'est de la route et du ruisseau qui, sur la carte, la séparent de l'église du Mus. Il semble donc que ce nom désigne une zone agricole*2 : Les prades (les prairies), dans laquelle se situent les maisons du Guerre et du Serbiat ; la situation de cette dernière étant plus conforme à celle figurée sur le plan

La maison du Poudat, contrairement aux apparences, est représentée au bon endroit. C'est la route qui a changé de place.

 

En Horsarrieu, nous n'avons pas pu localiser la maison " Houssat ", au sud du bourg ; ni au nord, la maison " Cruignon " qui semble située à proximité de la maison " Planté ", qui portait déjà ce nom en 1705 (voir C. Daugé, N.D. de Maylis, p.108).

Crunhon était une caverie, qui avec celles d'Arimblés et de Goesmes, formaient la seigneurie d'Arrimblés. Ce nom ne désigne peut-être pas une maison particulière, mais l'ensemble de ce quartier, qui de Mouchon à Barrère et au Boug, est encore connu par les habitants sous ce nom, qu'ils prononcent plutôt " crignoun ".

 

En Montaut, le géographe a commis quelques erreurs : les maisons Pouy et Peloy sont représentées beaucoup trop au nord, en bordure du ruisseau de Miremon, confondu avec les ruisseaux de Bazin et de St-Pierre. Elles devraient se trouver à l'emplacement marqué " Quartier de Mondiron " ; le dit quartier ayant plutôt sa place entre Puch et Toumine, où se trouve la maison de Mondiron.

 

 
 

Restitution de la carte de Cassini, sur fond de carte I.G.N.

 


LE TABLEAU D'ASSEMBLAGE

de la COMMUNE DE DOAZIT (1810)

 

La commune de Doazit possède deux cadastres anciens :

Le plan le plus ancien porte les mentions suivantes :

Département des Landes - Arrondissement Communal de St-Sever - Canton de Mugron.

Tableau d'Assemblage de la Commune de Doazit, terminé le 15 mars 1810.

Mr LOBGEOIS Ingénieur Vérificateur du Cadastre.

ATLAS

Cadastral Parcellaire du Territoire de la Commune de Doazit

Canton de Mugron - Arrondissement de St-Sever - Département des Landes.

Terminé sur le terrein le 15 mars 1810

sous l'Administration de Mr Valantin Duplantier Préfet

Mr Foix Candale Maire

et sous la direction de Mr Galatoire Directeur des Contributions

et de Mr Lobjois Ingénieur-Vérificateur

Par Mr Fage Géomètre de 1re Classe.

Ce plan est à l'échelle 1/2500, sauf la section F dite du Bourg, qui est à l'échelle 1/1250.

 

Le second plan cadastral, est dit de 1847, mais ne porte pas de date. Il a été levé par Mr Joseph Dauga et Mr Esperon, géomètres.

Il est à l'échelle de 1/2000.

Le Tableau d'Assemblage que nous reproduisons ci-après, a été terminé le 15 mars 1810. Il s'agit d'une vue d'ensemble du plan cadastral de 1810. Mais alors que le plan cadastral correspond à peu près aux limites actuelles de la commune, le Tableau d'Assemblage reproduit ci-après, présente quelques différences sur les limites avec Maylis, Banos*3 et Horsarrieu. Ceci traduit les hésitations et incertitudes concernant le projet de futures limites de la commune qui ne devaient être effectives qu'en 1813, alors qu'à l'époque où est dressé ce plan, les habitants de quartiers qui seront cédés à Montaut, Horsarrieu ou St-Cricq, font encore partie de la commune de Doazit, et les actes d'état civil les concernant sont enregistrés dans cette commune. Inversement, le quartier de Mondiron dépendait encore de Montaut.
 

Affichage du tableau d'assemblage

 

 


 

O O O OO O O O

 

1- Le pin de la discorde ; Francis Dupuy ; MSH Paris, 1996, p.81.

2- Il faut toutefois noter que le plan cadastral de 1810 (à peine postèrieur à la carte de Cassini), ne porte aucune parcelle de ce nom dans le secteur considéré.

3- Les différences que l'on constate sur la limite avec Banos, ne sont peut-être dûes qu'à une imprécision du tableau d'assemblage.